20 février 2022

Gaz à effet de serre : quel est l’impact du biométhane ?

Alors que le biométhane se positionne comme énergie plus vertueuse et verte que le gaz naturel, la question se pose. Est-il juste d’affirmer que le biogaz permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre ? Pesons le pour et le contre !

Le biométhane, une énergie verte à l’usage ?

Gaz naturel vs. biométhane, une affaire de captation

À l’usage, le biométhane rejette autant de CO2 que le gaz naturel. Il est donc incorrect d’affirmer qu’il réduit davantage les émissions de gaz à effet de serre.

Mais alors, d’où nous vient cette idée reçue ? 

  • Le dioxyde de carbone (CO2) provenant du biométhane a été capté par les végétaux utilisés lors de sa fabrication. On peut y voir un jeu à somme nulle car sur une courte période, il y a eu autant de CO2 capté que rejeté. En ces termes, on pourrait même se risquer à considérer que l’utilisation du biométhane revient à utiliser du gaz naturel 100 % compensé carbone.
  • À l’inverse, le CO2 rejeté par le gaz naturel a été capté il y a plusieurs millions d’années. Ce CO2 enfoui vient s’ajouter à celui déjà présent dans l’atmosphère. Cet ajout peut toutefois être compensé par l’acquisition de quotas carbones volontaires.

Une alternative pour limiter les émissions de méthane dans l’environnement

Le CO2 n’est pas le gaz à effet de serre le plus dangereux : le méthane – qui compose en grande partie le gaz naturel – est bien plus nocif pour l’atmosphère. 

Aussi, dans le cadre de l’exploitation gazière et pétrolière, il n’est pas rare de voir des producteurs brûler du méthane inexploitable plutôt que de le laisser s’échapper dans l'atmosphère. Cette pratique est appelée le torchage.

Quels sont les travers des techniques de production d’énergie ?

Pour mieux saisir la différence entre le biométhane et le gaz naturel au niveau environnemental et écologique, il faut se pencher sur l’extraction et la matière première.

Le gaz naturel, une extraction coûteuse pour l’environnement

Principalement originaire de Norvège et de Russie (à hauteur de 40 et 16,2 % respectivement pour la France), le gaz naturel est récupéré dans des structures géologiques situées à 4 000 mètres de profondeur. 

De manière générale, l’extraction de gaz naturel a lieu dans des sites éloignés – par exemple au milieu de la mer Noire ou d'une forêt sibérienne – afin d’éviter tout contact avec les populations et les sources d’électricité. Pour extraire et acheminer ce gaz, il faut mettre en place des installations spécifiques qui fonctionnent généralement au fuel et qui sont extrêmement polluantes.

Bien entendu, toutes ces actions ne sont pas sans conséquence pour l’environnement et contribuent au réchauffement climatique, car elles rejettent du CO2. C’est pourquoi certains producteurs mettent en place des initiatives compensatoires, à l’instar de la reforestation. C’est précisément à ce niveau que se situe la différence avec le biogaz. 

Le saviez-vous ?

Le biogaz est produit en France ! Et qui dit production locale, dit forcément réduction de l’empreinte carbone liée à l’acheminement.

Le biométhane, une énergie encore peu démocratisée

Au-delà de l’acheminement, la fabrication de gaz vert représente un coût plus important. Un contraste qui se justifie par le fait que les installations pour le biométhane sont peu nombreuses – comparé à celles dédiées au gaz naturel. Pourquoi ? Parce que la matière première du gaz naturel est disponible en abondance – et gratuitement – dans les sols, alors que le biogaz requiert l’achat d’intrants (déchets végétaux, domestiques…). 

En revanche, il faut reconnaître que d’un point de vue écologique, le dispositif d’installation est moins impactant. De même, les déchets organiques susceptibles de polluer s’octroient une seconde vie en devenant du gaz naturel 100 % compensé.

Côté finances : comment ça marche ?

Malgré toutes ses vertus et son potentiel pour amortir les conséquences de la production et de l’acheminement d’énergie, le biométhane ne semble plus être une priorité pour l’État. Pourquoi ? La principale responsable est la disparition de l’exonération de la Taxe Intérieure de Consommation sur le Gaz Naturel (TICGN). Désormais, les consommateurs de biométhane y sont soumis, ce qui rend ce gaz bien moins attractif.

Petits calculs savants

Pour acheter du biométhane, il faut ajouter la Garantie d’Origine au prix du marché. Il s’agit d’un surcoût variable qui prouve que l’on a bien acheté du biométhane. Son montant actuel s’élève à 10 € par MWh.

Contrairement à l’Allemagne, la France a encore du chemin à parcourir pour que la fabrication et l’usage du biométhane se démocratisent. Outre les ressources financières, il y a toute une chaîne de production à mettre en place : de la collecte et la gestion des déchets à l’acheminement, en passant par la méthanisation et l’injection de gaz.

Le biométhane peut être considéré comme neutre en carbone puisqu’il ne génère pas beaucoup plus de CO2 qu’il n’en capte. Résultat : il s’agit d’un gaz vertueux, en ceci qu’il est moins impactant en termes d’émissions de GES. Malheureusement, cette ressource demeure très limitée à l’usage, en raison de son coût à la production et à la consommation. Vous souhaitez savoir comment est produit le biométhane ?

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