20 juillet 2021

Prix du gaz en juin 2021 : offre limitée et pression sur les marchés

Les prix au cours du mois de mai avaient semblé marquer un arrêt dans leur progression mais loin de se stabiliser, le gaz repart à la hausse en juin dépassant les 32€/MWh en fin de mois. Cette folle progression est en grande partie liée aux difficultés d’approvisionnements propres à la période ainsi qu’aux doutes qui subsistaient encore à l’époque autour de la fin de la construction du Gazoduc sous-marin Nord Stream 2.

Les prix du gaz en juin 2021 (spot)

Pour la première semaine de juin, les prix sont restés plus ou moins stables en cumulant des drivers susceptibles d’augmenter et de baisser les prix.

Mais la situation a quelque peu évolué au fil du mois… La seconde semaine a connu une hausse de 12%, la troisième semaine une hausse de 15% ! (+6% et +14% pour les deux dernières semaines du mois).

Ces fortes augmentations du prix du gaz sont imputables à plusieurs facteurs :

  • Le GNL se fait de plus en plus rare en raison du dynamisme de la croissance asiatique, et de l’entrée en jeu du Brésil qui souffre d’un manque d’eau dans ses barrages et doit se rabattre sur ses centrales à gaz.
  • La poursuite des travaux de maintenance sur les gazoducs norvégiens (1er importateur de gaz en France).
  • Le niveau inquiétant des réserves de gaz naturel en France (40% et des projections à 80% de remplissage à l’entrée de l’hiver prochain).
  • Offre de gaz russe limitée en raison des faibles niveaux de stockage dans la fédération.

Les prix du gaz futurs

Les prix MA et trimestriels ont globalement suivi des tendances similaires, ils restent très proches des prix spots.

Les prix calendaires pour 2022 ou 2023 restent toutefois très intéressants car ils ne sont pour le moment que très peu impactés par les augmentations des prix spots, MA, ou trimestriels.

Le Pétrole (Brent)

En résumé, le mois de juin a vu le prix du pétrole atteindre des niveaux records depuis 2 ans. Il était déjà à plus de 70€ en début de mois et a atteint les 76€ le baril  en fin de mois. Cette flambée repose sur plusieurs facteurs identifiés au fil de nos newsletters hebdomadaires :

  • L’optimisme de l’Opep+ qui voit la demande accélérer dans certaines zones de l’Europe Occidentale.
  • Les stocks américains ne sont pas au top en termes de remplissage.
  • L’augmentation de la production de pétrole (décidée par l’OPEP) tarde à se concrétiser.
  • L’élection d’Ebrahim Raïssi en Iran rend les négociations sur le nucléaire Iranien plus difficiles, et donc la possibilité de voir la production de pétrole Iranienne enrichir l’offre mondiale de pétrole brut.
  • Enfin, le serpent se mord la queue… La flambée de prix rend plus compliquée la signature d’un accord entre l’Opep et la Russie concernant une évolution des niveaux de production de pétrole. C’est le statu quo et la demande augmentant toujours, les prix sont tirés vers le haut.

Le taux de change (Euro/Dollar)

En dépit d’un rapport sur l’emploi américain très décevant, l’euro est en perte de vitesse dès la première semaine du mois. En réaction le dollar a cherché à freiner l’appréciation de sa valeur en semaine 23 mais dès la semaine 24 l’euro a perdu 1,44% d’un coups atteignant son plus bas niveau depuis 3 mois et demi.  L’euro se reprend quelque peu en stabilisant la situation sur les deux dernières semaines du mois malgré une inflation élevée aux Etats-Unis.

La température

Les températures maximales observées ont été globalement au-dessus des normales de saison pour un mois de Juin (21 degrés).

CO2 & Charbon

Les quotas carbone ont joué un rôle important dans l’évolution des prix du gaz naturel en juin. Bien que plutôt fluctuants, sans tendance claire sur la première partie du mois, ils atteignent des sommets en fin de mois (plus de 56€ la tonne de CO2). Ils sont eux même largement impactés par les prix du charbon : à la hausse quand les prix du charbon baissent car des prix du charbon qui diminuent risquent de pousser les producteurs d’électricité à utiliser davantage cette ressource bien qu’elle soit coûteuse en quotas de CO2.

La forte hausse des prix du gaz en juin est la réaction des marchés à des problèmes conjoncturels (tels que les maintenances de gazoducs norvégiens), des facteurs potentiellement sans issues à moyen terme (offre russe limitée par les niveaux de stockages en Russie, ou la demande en GNL en Asie).

De bonnes nouvelles pourraient toutefois intervenir pour contribuer à la baisse des prix. Une fois encore, il faut regarder du côté du gaz Russe. Le gazoduc North Stream 2 de la société Gazprom, reliant la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique est terminé et est passé en phase de tests. Nous n’avons malheureusement aucunes informations concernant les délais de ces essais mais nous ne manqueront pas de vous les communiquer dès que nous en saurons davantage… (il faut bien que s’appeler Gazprom-Energy nous ouvre quelques portes !)

Recevez l'actualité du gaz et de l'énergie