6 mai 2020

Compensation carbone : combien de CO2 peut absorber un arbre ?

compensation carbone
En matière de compensation carbone, les forêts sont de véritables atouts, on le sait bien. En effet, pour croître les arbres ont besoin d’absorber du CO2. Mais mesure-t-on vraiment l’ampleur de cette réalité ? Y a-t-il des arbres plus « performants » que d’autres ? Comment la reforestation peut-elle nous aider à lutter contre le réchauffement climatique ? En se basant sur les calculs proposés par EcoTree, l’équipe du MaGAZine fait le point avec vous.  

Compensation carbone : comment calculer la quantité de CO2 absorbée par un arbre chaque année ?

Question difficile puisque chaque arbre est différent. Nous chercherons donc à faire une moyenne. Pour savoir la quantité de carbone absorbée à l’année, il convient d’abord de calculer la quantité de CO2 stockée par un arbre. EcoTree prend l’exemple d’un arbre d’une tonne. Sur ces 1000 kg, on compte 500 kg d’eau et 500 kg de bois sec. Pour notre calcul, c’est le bois sec qui nous intéresse. D’après Patrick Vallet, docteur de l’Ecole Nationale du Génie Rural des Eaux et Forêts, le taux de carbone moyen d’un arbre représente 47,5% de sa matière sèche. Il dispose donc de 237,5 kg de carbone stocké. Reste à faire la conversion du carbone en CO2. Or, 1 kg de carbone correspond à 3,67 kg de CO2. Dès lors, en multipliant 237,5 X 3,67, on obtient 871,625 kg de CO2. Désormais, il nous faut diviser ce chiffre par l’âge de l’arbre. Un arbre d’une tonne a en général plus ou moins 20 ans. Ce qui nous donne 43,5 kg de CO2. Bien entendu ce chiffre reste une approximation sur 20 ans. Sur toute sa durée de vie, Ecotree, sur la base d’une estimation basse, considère qu’un arbre engrange 30 kg de CO2 par an en moyenne.  

La reforestation, levier contre le réchauffement climatique

Grâce à leur capacité d'absorption du carbone, les forêts sont les poumons de la planète bleue. La reforestation reste donc l’un des meilleurs moyens pour lutter contre le réchauffement climatique. A condition, cependant, de bien la mettre en place. En effet, il ne suffit pas de planter des arbres et d’attendre qu’ils poussent pour que cela fonctionne. Encore faut-il savoir quels arbres planter et où. S’il est possible de faire une moyenne de l’absorption annuelle d’un arbre, il est évident que tous ne présentent pas les mêmes propriétés. Par exemple, les résineux (pins) poussent beaucoup plus rapidement que les feuillus (hêtres et chênes). Les pins absorbent donc plus vite plus de CO2. Mais les arbres à croissance lente vivent aussi plus longtemps. Ils absorbent donc du CO2 en grande quantité plus tard au cours de leur cycle de vie. Le mélange d’arbres demeure donc la solution la plus sage.  C’est bien ce qu’explique Ecotree « Une forêt ne constitue un puits de carbone efficace qu’en offrant un équilibre subtil de biodiversité où cohabitent jeunes arbres et vieux arbres, dans un véritable panachage d'essences. La forêt est un milieu vivant dont l’intégrité, la stabilité et la prospérité dépendent fortement de la diversité des espèces. Dans ce milieu complexe, l’équilibre est apporté par les animaux, les plantes et les bactéries. » Dès lors, le grand défi des acteurs de la reforestation est de réussir à planter des arbres en respectant les écosystèmes locaux.   

La biomasse, une énergie pas si verte

On l’a vu la reforestation et l’entretien des forêts sont essentiels à la survie de la Terre. C’est d’ailleurs, à ce titre, que de nombreuses ONG environnementales refusent de reconnaître la biomasse, la production d’énergie par la combustion du bois, comme levier de la transition énergétique. Pour Nicolas Mainville, responsable de la campagne « Forêt » de Greenpeace Canada, les centrales électriques basées sur la biomasse «émettent jusqu’à 150% de plus de CO2, 400% de plus de monoxyde de carbone irritant pour les poumons, et 200% de plus de particules fines qui causent l’asthme». L’argument est appuyé par Linde Zuidema, juriste de l’ONG Fern, qui affirme que « les arbres ne poussent pas assez vite pour compenser ces émissions initiales, ce qui veut dire que le bois n’est pas une bonne alternative aux combustibles fossiles. » Si les sujets liés à la compensation carbone, nous vous invitons à aller consulter le site d'Ecotree. En commençant par cet article ! Nous aimons, nous partageons ! Pour ne rien manquer à l'actualité du gaz naturel abonnez-vous à la newsletter du MaGAZine !
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