12 mai 2020

Marché du gaz : l’analyse technique d’avril 2020

marché du gaz naturel
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Le marché du gaz naturel en avril 2020

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Durant ce mois d'avril, la demande européenne en gaz naturel a chuté de 15 % par rapport à l'an dernier avec un effondrement des prix de 50 %. En semaine 15, les prix se situent toujours à des niveaux très bas sur le court terme. La baisse de la consommation, consécutive au confinement, fait chuter la demande des principales commodités. Sur le long terme, la tendance est à la baisse. La semaine suivant, les prix spot sont restés toujours aussi bas en avoisinant les 7 € / MWh. En revanche, sur le moyen-long terme, la hausse des commodités (pétrole, CO2, électricité) tire les prix vers le haut. En semaine 17, les prix spot restent sous les 7 € / MWh. Sur le moyen-long terme, aucune hausse n'est à enregistrer – malgré les mesures drastiques prises par l'OPEP pour relancer les cours du pétrole. En semaines 18 et 19, les prix spot du PEG et TTF enregistrent une baisse de 7 % et 14 % du fait de la chute historique des cours du pétrole, pour se positionner sous les 6 € / MWh. Sur le moyen-long terme, les prix remontent tout en restant impactés par le contexte économique défavorable et une demande mondiale réduite.

📉 Covid-19 : les prix du gaz naturel en chute libre 📉

Certains drivers du prix du gaz

Le cours du Brent

cours du brent Au cours du mois d'avril, le cours du Brent a chuté de 24 %, passant de 34 à 26 $. En semaine 15, le pétrole a enregistré une hausse car les investisseurs ont anticipé des coupes importantes dans la production mondiale. Dans le même temps, la Russie s'est dite prête à coopérer avec les États-Unis et l'Arabie Saoudite pour une réduction de 10 millions de barils par jour. En semaine 16, le Kremlin et la Maison Blanche se sont entretenus sur les mesures à prendre pour contenir la baisse des cours du pétrole. L'OPEP et ses principaux partenaires se sont accordés sur une réduction de 9,7 millions de barils par jour en mai et en juin. En semaine 17, le Brent valait 28,08 $. Dans ce contexte morose, le Brent se révèle beaucoup plus résistant que le baril américain WTI qui s'échangeait lui à 18 $. La semaine suivante, le WTI a ainsi fini à un prix négatif : -40 $ ! Le Brent a résisté mais a finalement été rattrapé par la débâcle du pétrole en bourse en tombant à 19,3 $, un niveau jamais atteint depuis 1999. En fin de semaine, le Brent valait 21,44 $. En semaine 19, le cours du pétrole termine en hausse. Les raisons ? L' entrée en vigueur de la diminution de la production mondiale et l'optimisme des investisseurs sur la possibilité de voir les économies redémarrer au déconfinement.

Le taux de change EUR / USD

taux de change En semaine 15, le dollar progresse de 2 % en profitant de son statut d'actif refuge. L'euro se met en repli et s'échange à 1,0785 $. En semaine 16, le dollar recule légèrement face à un panier de devises de référence, les cambistes délaissant les actifs jugés les plus sûrs, rassurés par les chiffres meilleurs que prévu du commerce extérieur chinois. L'euro en profite pour remonter à 1,0867 $. En semaine 17, le dollar continue de bénéficier de son statut de valeur refuge et l'euro recule à 1,086 $. La tendance se poursuit la semaine suivante, où l'euro recule à 1,08 $, un des niveaux les plus bas depuis le mois d'avril . En semaine 19, la Banque centrale européenne a confirmé être prête à renforcer son programme d'urgence pour amortir le choc économique. Face à cela, l'euro montait en fin de séance, le jeudi, de 0,7 % face à un billet vert lesté par des indicateurs américains décevants.

💨 Tous les drivers du marché du gaz naturel résumés en infographie 💨

Les températures

températures Pour débuter ce mois d'avril, les températures évoluent à la hausse progressivement pour se situer au-dessus des moyennes saisonnières en fin de semaine. En semaine 16, les températures oscillent. Elle se situeront sous la barre des normales saisonnières en début de semaine pour ensuite se retrouver au-dessus. En semaine 17 et 18, les températures continuent d'évoluer à la hausse pour se positionner au-dessus des normales de saison. En revanche, en semaine 19, la hausse des températures est plus progressive, et celles-ci se situent en dessous des moyennes saisonnières.

🌦 La météo est responsable d’⅓ de la baisse de la consommation de gaz 🌦

Les émissions de CO2

cours du CO2 Après l'effondrement de ces dernières semaines, le prix des émissions de carbone se stabilise en semaine 15 en se négociant à des niveaux représentatifs de la baisse de la demande d'émissions (estimée à environ 80 à 100 millions de tonnes). En semaine 16, la hausse des commodités a contribué à faire remonter le CO2 en lui permettant de clôturer à 20,98 € / t. En fin de semaine 17, le prix du carbone dans l'UE a atteint un nouveau sommet au-dessus de 22 €. Les traders attribuent cette hausse et cette volatilité à une couverture plus spéculative. En semaine 18, la tendance s'inverse et le prix du carbone plonge en dessous de 21 € le vendredi, pour mettre fin à une semaine agitée et caractérisée par une perte hebdomadaire de 3 %. Plusieurs raisons expliquent cette baisse, notamment l’instabilité des cours du pétrole et des marchés de bourse. En semaine 19, le prix du CO2 a continué de s’effondrer, marquant une baisse de 5,61 %.

📈 Marché du carbone : quel poids sur le prix du gaz ? 📈

Le stockage

stockage gaz naturel Après la délibération de la Commission de régulation de l'énergie fin mars, le prix moyen d’adjudication de 3,85 € / MWh est nettement supérieur à celui de 2018 et 2019. Ce bon résultat est dû à un écart de prix saisonnier du gaz plus important qu’au cours des précédentes campagnes et un nombre accru de participants aux enchères. Les recettes collectées en 2020 couvrent 63 % du revenu autorisé des opérateurs de stockage, contre 26 % en 2018 et 2019. En conséquence, le niveau du terme tarifaire stockage, applicable à partir d'avril 2020, est en baisse de 63 % par rapport à 2019. Fin mars, le stock s'élève à 39 TWh. Teréga enregistre 28,7 TWh, Storengy compte quant à lui 10,5 TWh. En semaine 17, le stock s'élève à un peu plus de 40 TWh avec 29,9 TWh pour Storengy. La semaine suivante, le stock s'élève à 60 TWh. Storengy enregistre en moyenne 38 TWh, Teréga compte 13,7 TWh. En semaine 19, le débit de stockage est toujours en hausse. Le stock s'élève à 68 TWh : Storengy enregistre 49 TWh, Teréga, 19 TWh. Passionné d’énergie, vous souhaitez tout savoir sur les évolutions du marché du gaz naturel passées et à venir ? Suivez l’actualité des marchés de l’énergie à la loupe en vous inscrivant à la Weekly !
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