9 mars 2020

Transition énergétique : l’Europe mise sur le gaz naturel

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Pendant que la consommation de gaz naturel progresse de 2 % en 2019 selon l'association Cedigaz, la bataille énergétique se concentre, à Bruxelles, sur le devenir de l’énergie en Europe. Le charbon et le pétrole sont mis de côté compte tenu de leurs effets dommageables pour le climat. Mais alors, quels sont les projets en cours pour renforcer la fourniture en gaz naturel ? Comment est perçue l'intégration du gaz dans la transition énergétique ? On vous dit tout.

Le gaz naturel en plein essor

En 2019, la demande de gaz naturel a augmenté de 3 % en Europe, de 3,5 % aux États-Unis et de 9 % en Chine. Pour satisfaire cette demande, on assiste à une nette augmentation de la production, notamment dans des parties du monde où les capacités gazières sont arrivées en exploitation. C'est le cas, par exemple, en Australie ou en Russie, avec le champ Yamal qui contribue à l'expansion de l'offre en gaz naturel. En parallèle, le nombre de projets augmente et, selon le Global Energy Monitor (GEM), une enveloppe de 117 milliards d'euros serait en cours de négociation ou proposés à la commission en charge du Pacte vert. Avec le transport de GNL (gaz naturel liquéfié), les importations et exportations de gaz sont simplifiées à l'international. Selon Cedigaz, d'ici 2030, le GNL devrait surpasser les autres modes de transport de gaz. Par conséquent, une baisse des prix du gaz naturel est à prévoir. Un atout pour la transition écologique, qui ne semble pourtant pas être au goût de tous.

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La transition énergétique par le gaz divise

Moins polluant que d’autres énergies fossiles, comme le pétrole ou le charbon, le gaz est tout de même émetteur d’une certaine pollution. Il divise donc les majorités : les partis politiques comme Les Verts ou des ONG environnementales considèrent que l'intégration du gaz naturel est contraire aux directives du Parlement européen en lien avec l’urgence climatique. Pourtant, des exemples attestent du contraire : en Grande-Bretagne, la substitution du charbon par le gaz a permis de réduire les émissions de CO2 de 40 % entre 2005 et 2018, selon les calculs de l’IFP Énergies nouvelles (IFPEN).

Le saviez-vous ?

Le gaz dit « naturel », quand il est brûlé pour produire de l’électricité, émet près de deux fois moins de CO2 que le charbon.
Malgré les mécontentements, le Parlement a adopté à une large majorité, le 12 février 2020, la quatrième liste de Projets d’intérêt commun (PIC). Un vote qui a suscité des tensions politiques, car le texte comprend plusieurs dizaines de projets gaziers. On y trouve entre autres l’EastMed pipeline, qui doit relier Israël, Chypre, la Grèce et l’Italie, ou encore plusieurs gazoducs en Pologne. On assiste aujourd'hui à un réel choc de visions entre les industriels du secteur qui défendent la place du gaz naturel dans la transition écologique, et les ONG environnementalistes, épaulées par Les Verts et la gauche, qui soutiennent que le gaz est à bannir au même titre que le pétrole et le charbon. Reste désormais à savoir si la transition écologique est techniquement soutenable avec l'arrêt immédiat de toutes les exploitations des énergies fossiles.
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