25 juin 2019

Compensation carbone : de quoi s’agit-il ?

mécanisme de compensation carbone
La compensation carbone, vous connaissez ? Ce mécanisme consiste à compenser ses émissions de CO2 en finançant d’autres projets de réduction d’émissions ou de captation de carbone. Objectif de la démarche : atteindre la neutralité carbone dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. Comment cette mesure a été mise en place ? Est-elle vraiment efficace ? C’est ce qu’on va voir !

Compensation carbone : une démarche d’abord volontaire

Les premiers projets de compensation carbone touchaient à la reforestation. Ils sont apparus en 1985, avant même la signature du Protocole de Kyoto – 12 ans plus tard, en décembre 1997. C’est le producteur d’électricité américain AES Corp qui a mis en place la toute première démarche, en finançant un projet d’agroforesterie au Guatemala à hauteur de 2 millions de dollars. Le concept : planter 50 millions d’arbres pour compenser les émissions de gaz à effet de serre produites par une nouvelle centrale électrique. À l’époque, le nombre d’arbres à planter avait été calculé de façon assez rudimentaire. L’avenir révélera que les estimations n’étaient pas tout à fait en phase avec les besoins réels.

Protocole de Kyoto : le début d’une longue lignée de projets

Depuis la signature du protocole de Kyoto, les projets de compensation carbone se sont multipliés. En effet, les pays industrialisés se sont vu imposer des objectifs de réduction de leurs émissions. Deux échelles d’action sont à leur disposition :
  • Sur leur propre territoire.
  • Dans un autre État. Si celui-ci est en développement, on parle de mécanisme de développement propre (MDP). S’il s’agit d’un pays industrialisé, l’effort de réduction se nomme mise en œuvre conjointe (MOC).
Parmi les projets réalisés, certains sont d’ordre naturel, d’autres technologique. Par exemple, en février 2019, l’Australie a lancé un plan massif de reforestation. D’ici 2050, le pays plantera un milliard d’arbres, soit 400 000 hectares de forêt supplémentaires. Une reforestation qui permettra d’économiser 18 millions de tonnes de CO2 par an à partir de 2030, sur les 500 millions émises actuellement. Coût de l’opération : 8 milliards d’euros. Autre contrée, autre projet : en Islande, les émissions provenant d’une centrale géothermique sont transformées en minéraux solides. Les émissions produites, un mélange de CO2 et d’autres gaz, sont injectées dans la roche souterraine basaltique, à 500 m de profondeur. Une fois dans le basalte, les gaz créent un liquide pétillant en se mélangeant à l’eau. La forte pression et la chaleur permettent à ce liquide de réagir avec le basalte : en deux ans, il se transforme en veines crayeuses. Naturellement, des centaines de milliers d’années seraient nécessaires pour reproduire ce phénomène.

Un système qui compte des limites

Ces projets sont très enthousiasmants, mais ils auraient peut-être pu voir le jour sans le mécanisme de compensation carbone. En réalité, celui-ci n’a pas vraiment prouvé son efficacité, il demeure d’ailleurs difficile d’établir un bilan réel de ses bénéfices. Qui plus est, les critiques à l’encontre de la compensation carbone ne manquent pas. Parmi les plus vives, le fait que la compensation permette de continuer à faire des choix à moindre coût, indépendamment des enjeux climatiques. Compenser est en effet plus facile et moins coûteux que changer de comportement. À cela s’ajoute un souci éthique : les plus riches délèguent aux plus pauvres la responsabilité du changement de comportement. Avec, malheureusement, un certain déni de la réalité. Malgré les bonnes intentions à l’initiative du mécanisme de compensation carbone, les démarches mises en œuvre semblent ne pas convaincre unanimement. Bien sûr, elles limitent l’impact de la consommation sur le climat, mais la controverse autour du mécanisme révèle un véritable manque d’efficacité et de bon sens. Néanmoins, peut-être que de nouvelles directives viendront apporter plus d’éthique à l’ouvrage. Pour le savoir, abonnez-vous à la newsletter du maGAZine !

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