31 janvier 2019

Bilan mitigé pour la COP 24

bilan de la COP 24
Du 3 au 14 décembre 2018, la 24e conférence internationale sur les changements climatiques, ou COP 24, s'est déroulée en Pologne, à Katowice. Les mesures prises par les 196 participants ont-elles été à la hauteur des multiples enjeux portés par le réchauffement climatique ? Retour sur le contexte, les objectifs et le bilan de ces deux semaines de négociations encadrées par les Nations Unies.

Un contexte scientifique et politique alarmant

L'un des défis majeurs de la COP 24 était de permettre l’adoption du « rulebook » de l’Accord de Paris, qui définit les règles de mise en œuvre concrète du traité négocié en 2015. Ces discussions avaient précédemment échoué lors de la COP 23. Cette nouvelle édition s’est déroulée dans un contexte de défiance scientifique. En effet, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié le 8 octobre 2018 un rapport devant servir de base scientifique aux discussions. Dans ce document, les membres du GIEC exposent qu'au-delà de 1,5 °C de réchauffement par rapport aux niveaux préindustriels, les conséquences seront multiples : vagues de chaleur, extinctions d’espèces, déstabilisation des calottes polaires, montée des océans sur le long terme… Problème : même si les modalités de l'Accord de Paris arrivaient à être appliquées, le réchauffement climatique devrait atteindre les 3 °C en 2100. Limiter la hausse à 1,5 °C implique donc, pour les 86 auteurs du rapport, une réduction des émissions de CO2 de 45 % d’ici 2030 et l’atteinte de la neutralité carbone en 2050. Côté politique, la COP 24 devait faire face à plusieurs dissonances amenuisant ses chances de réussite : les États-Unis (2e responsables d’émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial) souhaitent se retirer de l’Accord de Paris tandis que la Russie, la Turquie et l’Iran n’ont pas ratifié l’Accord. Le Brésil revendique, quant à lui, son autonomie sur le sujet et l'Australie a fait marche arrière pour inscrire ses engagements au niveau législatif.

🌍 Qu’avez-vous retenu de la COP21 et de l’Accord de Paris ? 🌍

Quels étaient les objectifs de la COP 24 ?

La COP 24 était d'autant plus importante qu'elle devait signer la fin du délai donné aux 196 pays signataires de l'Accord de Paris avant l'adoption de mesures concrètes. La notice de l'accord, consistant à mettre en place des règles et des repères pour la tenue des engagements par chaque nation, devait impérativement être finalisée. Il s’agissait par exemple de définir des méthodes de suivi des résultats des pays signataires. Mais aussi, de prendre en compte des modalités d’application plus souples et les objectifs de financements pour accompagner la transition des pays en développement. Sur le plan social, la COP 24 avait pour défi de répondre à l'appel d’une politique de transition plus équitable. Une revendication portée fortement par la Pologne et faisant écho au mouvement des gilets jaunes en France.

Quel bilan après deux semaines de négociations ?

La COP 24 a bien permis l'adoption du manuel d'application de l'Accord de Paris par les 196 États. Négocié lors de la COP 21 en 2015, le texte vise à limiter le réchauffement climatique sous le seuil des +2 °C par rapport à l'ère préindustrielle, il y a 150 ans. Plusieurs réserves subsistent pourtant à l’issue de l’édition de Katowice :
  • l'accueil très mitigé du rapport du GIEC, contesté par certains pays ;
  • le manque de révision des ambitions en matière de lutte contre le changement climatique ;
  • les inexistantes références aux droits humains dans les textes ;
  • la déception forte des ONG et de certains États (notamment insulaires) particulièrement exposés au dérégulations climatiques ;
  • la non-résolution de la problématique du financement de la transition énergétique pour les pays pauvres.

🤔 Et la COP 22, dans tout ça ? 🤔

Globalement, cette 24e COP affiche un bilan très mitigé : le manuel d'application de l'Accord de Paris a été adopté, mais les difficultés de s’accorder entre de si nombreux pays ont empêché de rehausser les ambitions de diminution des émissions de gaz à effet de serre. Fin 2019, soit un an avant la date d'entrée en vigueur de l'Accord de Paris, la COP 25 se tiendra au Chili. Nous vous tiendrons évidemment informés de ses enjeux !

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