17 octobre 2018

CO2 : petit nouveau dans l’analyse technique du marché du gaz

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Comme vous l’avez déjà sûrement constaté, un nouveau driver s’est glissé récemment dans nos analyses techniques mensuelles : le prix du CO2. Avec les réformes récentes du marché du carbone européen, le prix de ce gaz à effet de serre va devenir un facteur clé impactant l’évolution des cours du gaz naturel. Explications.

Le fonctionnement du marché des quotas carbone en bref

Mis en place en 2005 à la suite du protocole de Kyoto, le SCEQE (ou Système communautaire d'échange de quotas d'émissions de gaz à effet de serre), est le plus grand marché du carbone au monde. Cet outil réglementaire européen vise trois objectifs : mesurer, contrôler et réduire les émissions de CO2 de l'industrie et des producteurs d'électricité (11 000 installations concernées). Le fonctionnement est simple : chaque État alloue une quantité plafonnée de quotas vers les installations. De leur côté, les acteurs peuvent acheter les quotas manquants pour rester en conformité avec leurs émissions réelles de CO2 ou vendre leurs quotas non utilisés.

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Le prix du CO2 en pleine explosion

Face aux failles du système et au prix trop bas du carbone, il a été décidé en février 2017 de réformer le fonctionnement du SCEQE. Résultat à court terme ? Une hausse de 315 % du prix du CO2 en une année, passant de 4,38 €/tonne en mai 2017 à 13,82 €/tonne en avril 2018. Selon Carbon Tracker, un think tank spécialiste des risques financiers liés au climat, cette augmentation est due à l’anticipation de la mise en service de la réserve de stabilité du marché (MSR).

Qu'est-ce que la réserve de stabilité du marché ?

Le mécanisme de dépôt des quotas dans la réserve de stabilité du marché (Market Stability Reserve, ou MSR) permet de contrôler le volume des crédits carbone disponibles. Entre 2019 et 2023, cette réserve pourra absorber 24 % des quotas en circulation, contre 12 % auparavant. Selon Carbon Tracker, l’émission de 400 millions de tonnes de CO2 sera ainsi évitée entre 2019 et 2023.
Selon RTE (Réseau de Transport d’Electricité), le prix signal du CO2 dans le secteur de l’électricité devrait être de 30 €/tonne pour diminuer ses émissions de 15 %. Et ce sera peut-être prochainement le cas ! D’après Carbon Tracker, le prix de la tonne de CO2 devrait atteindre 35 € en 2019 et 40 € en 2023.

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Quel lien avec le prix du gaz ?

Les procédés de production d’électricité à partir de gaz naturel émettent moins de CO2 que ceux utilisant le charbon. Pour preuve, d’après RTE, à rendement énergétique égal, un cycle combiné au gaz émet environ 40 % de CO2 de moins qu’une centrale au charbon. Quand la tonne de CO2 émise voit son coût grimper, les producteurs d’électricité se tournent donc, si possible, vers le gaz naturel plutôt que le charbon. Par conséquent, la demande de gaz naturel augmente et son prix également. Suivre le prix de la tonne de CO2 est ainsi indispensable, puisqu’il impacte directement le prix du gaz naturel. Avec ces prévisions à la hausse du prix du CO2 pour les cinq prochaines années, un attrait pour le gaz naturel de plus en plus important se fait sentir. D’où l’intégration du driver CO2 dans l'analyse technique mensuelle du maGAZine ! Pour suivre l’actualité du gaz naturel plus en détail, inscrivez-vous à notre newsletter Weekly.

Source image à la Une : Unsplash – Carolina Pimenta

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