27 octobre 2017

Vers une mondialisation du gaz naturel ?

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Depuis le début de l'année, les États-Unis exportent souvent plus de gaz naturel qu'ils n'en importent. Une situation exceptionnelle ? Oui, au regard de l'histoire du secteur. Non, si l'on considère l'avenir, selon les experts. En effet, ils estiment que cette situation devrait être la norme dès le début de l'année prochaine ! Le marché pourrait alors entrer dans une nouvelle ère : celle de la mondialisation du gaz naturel. Le maGAZine vous explique tout ! [su_box title="Le GNL, un essor tardif" box_color="#000000" title_color="#D57F12"] S'il existe depuis plus de 50 ans, le GNL (Gaz naturel liquéfié) connaît un véritable essor seulement depuis le début des années 1990, à la suite d'importants progrès technologiques. Ainsi, sur les 15 dernières années, les volumes échangés sont passés de 100 millions à 244 millions de tonnes. Ils pourraient même, selon le cabinet IHS, atteindre 370 millions de tonnes échangées en 2020, soit une croissance moyenne de 4 % – le double de la consommation mondiale de gaz. Résultat ? BP estime que le GNL dépassera le gaz en réseau d'ici 2035. Il faut dire qu'il présente des avantages non-négligeables :
  • Il peut être transporté sur de très longues distances par bateau, ce qui réduit les coûts et les infrastructures nécessaires sur le marché. Il n'y a, en effet, pas besoin de longs tuyaux d'un pays à un autre.
  • Du fait de la nature de son mode de transport, le GNL est plus flexible. Les bateaux peuvent être réorientés selon l'offre et la demande, d'un marché à l'autre. [/su_box]

Le gaz natu­rel pour rouler plus propre ◇

Une mondialisation du gaz naturel sous l'impulsion du GNL américain

Les États-Unis, exportateurs nets de gaz naturel : pour qui s'intéresse à ce marché, voilà une situation inhabituelle, presque surprenante. Et pourtant, il faudra s'y habituer ! Que s'est-il passé ? Les États-Unis ont mis sur le marché d'importants volumes de GNL issus de leurs nouvelles usines de liquéfaction. Celles-ci devraient produire près de 65 millions de tonnes par an dès 2018, soit l'équivalent de la production du Qatar, ou le quart de la production mondiale actuelle de GNL – 250 millions de tonnes en 2015 selon le cabinet d'analyse Wood Mackenzie.

Les exportations américaines rebattent les cartes en Europe ◇

De plus, les États-Unis ont provoqué un changement majeur de modèle pour le marché du gaz naturel, jusqu'alors extrêmement cloisonné entre l'Amérique du Nord, l'Europe et l'Asie. En effet, les opérateurs américains se sont éloignés du modèle classique, qui incite les vendeurs à miser sur une pré-vente de la production sur le long terme, à des prix indexés sur le cours du pétrole, pour entrer dans l'ère de la mondialisation du gaz naturel. Leur nouveau fonctionnement : ne pré-vendre qu'une partie de la production, à court terme, avec des tarifs correspondant au prix du gaz sur le marché local. Résultat ? L'offre américaine est plus flexible, ce qui permet aux volumes mis en vente de se diriger vers les marchés les plus intéressants financièrement ! Et ce n'est qu'un début : d’ici 2022, l'Agence internationale de l'énergie estime que les États-Unis produiront 40 % de la croissance de l'offre mondiale. Soit un cinquième du volume total de gaz naturel produit dans le monde.

Une baisse du prix du gaz en Europe ?

L'arrivée massive du GNL américain va-t-elle entraîner une baisse de prix en Europe ? C'est possible. Pour l’heure, le gaz vaut deux fois plus cher sur le sol européen qu'en Amérique – et trois fois plus cher en Asie. Or, cette arrivée de GNL va se conjuguer avec l'entrée en production de grands projets en Océanie, représentant un volume de 60 millions de tonnes supplémentaires d'ici 2020.

Prix du gaz : combien payent nos voisins européens ? ◇

Mécaniquement, avec une demande stable et une offre plus importante, dans un contexte de flexibilité, de fluidification et de mondialisation du marché, le prix du gaz naturel pourrait bien baisser en Europe. Et permettre à l'Union européenne de compenser la baisse de production du gisement de Groningue, aux Pays-Bas, qui a perdu quelque 15 milliards de mètres cube ! L'arrivée massive du GNL américain sur le marché crée les conditions d'une mondialisation du gaz naturel et de la fin d'une « sectorisation » des échanges. Mais ce phénomène peut-il devenir réalité dans les prochaines années ? Affaire à suivre !

Source image à la Une : Flickr Creative Commons – Bilfinger SE

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