19 octobre 2016

Marché du gaz : l’analyse technique de septembre 2016

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Le marché du gaz en septembre 2016

En septembre, l’écart TRS day-ahead / PEG Nord day-ahead a dépassé les 5 €/MWh. Un niveau qui n’avait jamais été atteint et qui constitue donc un record depuis la création de la zone unique dans le Sud de la France ! Qu'est-ce qui a expliqué cette situation ? Un certain "alignement des étoiles" :
  • une hausse du TRS day-ahead, expliquée par une baisse d’approvisionnement de la zone en GNL et des restrictions sur la liaison nord/sud ;
  • une baisse du PEG Nord day-ahead, entraînée conjointement par une baisse de la demande, un bon approvisionnement de la zone nord suite à la fin des maintenances sur les gazoducs en provenance de Norvège et l’arrivée de cargos de GNL au terminal de Montoir.
À noter : une situation inédite qui vaut bien un petit focus : le mois de septembre s'est achevé sur une tendance baissière, malgré de forts mouvements haussiers sur le marché, expliquée notamment par la hausse des prix du pétrole. Le GNL a, quant à lui, été tiré vers le haut par la demande chinoise. Il faut dire que selon les analystes, seules 8 % des premières exportations américaines ont été livrées en Europe, principalement en Espagne et au Portugal !

Certains drivers du prix du gaz

Le prix du pétrole

De la baisse, de la stagnation, de la hausse, de la baisse, puis deux semaines de hausse : le cours du pétrole a joué avec nos nerfs en ce mois de septembre. La première baisse des prix du Brent, en semaine 36, s'expliquait par de nombreux facteurs :
  • les membres de l'OPEP n'ont pas montré de signe laissant penser qu'ils allaient geler leur production, bien au contraire (ça n'a pas duré !) ;
  • le dollar s'apprécie par rapport à l'euro ;
  • les stocks américains sont 2,5 fois plus importants que ce qui était prévu.
La semaine suivante, les prix ont d'abord stagné après que la Russie et l’Arabie Saoudite se sont mis d’accord pour trouver des solutions visant à stabiliser les cours du pétrole. Ils ont ensuite connu une courte période de hausse, dans un contexte lourd, avec la tempête Hermine - laquelle s’est abattue sur la côte Est des États-Unis - qui a retardé les bateaux dans le déchargement de leur cargaison de pétrole. L'embellie financière n'a cependant été que de courte durée : un rapport de l’Agence Internationale de l’Énergie a entraîné une forte tendance baissière. Celui-ci prévoyait une baisse de la demande de pétrole pour 2016 et pour le premier semestre 2017, dans un contexte de production toujours en hausse. Le mot de la fin ? Deux semaines de hausse sur le marché du pétrole. Deux raisons principales à cela :
  • la baisse du dollar cumulée à celle des stocks de brut américains d'une part ;
  • la décision des pays membres de l’OPEP de geler leur production d'autre part.

Le taux de change EUR/USD

Dans quelques semaines, les électeurs américains iront mettre un bulletin dans l'urne pour choisir leur prochain président pour un mandat de 4 ans. Et les marchés commencent à être dans l'attente. De fait, en septembre, les variations du taux de change euro/dollar sont restées raisonnables. Les bons indicateurs américains, en particulier sur l'emploi et la consommation des ménages, ont commencé par favoriser le billet vert. Puis, le ralentissement du secteur des services a diminué la probabilité d'une hausse des taux de la FED d’ici la fin de l’année - la question a contribué à alimenter la spéculation autour du cours EUR/USD durant plusieurs jours. Lorsqu'elle a été tranchée, la FED maintenant ses taux actuels, le cours de l'euro est remonté face au dollar. Résultat ? À quelques choses près, le taux de change EUR/USD était le même au début du mois et à la fin !

Les températures

Cette année, le mois de septembre a été majoritairement plus chaud que les normales de saison. En effet, il a peu plu durant les premières semaines… on a même vu des températures entre 5,5 °C et 7,5 °C au-dessus des moyennes historiques ! Conséquence ? La demande en gaz naturel des foyers a longtemps été faible. Elle pourrait néanmoins repartir prochainement, les premiers jours d’octobre ayant été froids et humides…

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