21 août 2016

Gaz vert en Europe : état des lieux

Les méthaniseurs qui accueillent la transformation de ce qui deviendra du gaz vert.
Plus responsable, durable et écologique… le biométhane est incontestablement une énergie pleine de promesses. Le maGAZine vous avait d’ailleurs proposé voici quelques semaines une infographie établissant un panorama complet de l’injection de ce gaz "vert" en France. Qu’en est-il dans le reste de l’Europe ? Faisons le point !

Biométhane, qui es-tu ?

Commençons par rappeler ce qu’est ce fameux gaz "vert" : le biométhane est un gaz que l’on obtient après méthanisation de déchets. Cela se fait dans un digesteur, que l’on appelle également méthaniseur. Ce sont des bactéries qui vont transformer les matières organiques, préalablement triées et préparées, en biogaz. Celui-ci sera ensuite odorisé et contrôlé lors de son entrée sur le réseau de transport des gazoducs, puis injecté sur le réseau de distribution. Pour rappel : les usages du biométhane sont strictement identiques à ceux du gaz naturel "classique". Il est même absolument impossible de le distinguer du gaz naturel auquel il est mélangé, même pour un œil (et encore moins un nez) averti. Certains équipements en France (comme ici, une usine de fabrication de tuiles) utilisent d’ailleurs déjà du gaz vert avec succès !

L’Allemagne en tête en Europe

10 % de gaz vert dans les réseaux français d’ici 2030, c’est l’objectif ambitieux que s’est fixé la France en matière d’utilisation du biométhane via sa loi sur la transition énergétique d’août 2015. Il reste cependant du chemin à parcourir : selon une étude réalisée par le cabinet Sia Partners pour le think tank France Biométhane, c’est l’Allemagne qui se place en tête des pays en Europe qui utilisent le plus de gaz vert. Celle-ci indique notamment que :
  • L’Allemagne est bonne première avec 10 000 GWh de gaz vert injectés pour 190 unités.
  • Le Royaume-Uni a connu le plus fort développement dans ce secteur parmi les pays étudiés, avec 51 unités mises en service en l’espace de 4 ans, rattrapant ainsi la Suède, acteur historique d’une filière pleine d’avenir.
  • La France, elle, comptait 20 unités produisant du biométhane à la fin de l’année 2015, dont 67 % en utilisant des déchets agricoles.
  • Ces unités de production ont injecté 82 GWh en 2015, pour 279 GWh de capacité annuelle installée.
Le succès de l’Allemagne et du Royaume-Uni dans la filière du gaz vert est avant tout le fruit de véritables politiques incitatives. De plus, l’avance de l’Allemagne semble logique, selon Cédric de Saint-Jouan, fondateur du groupe Vol-V et président de France Biométhane, cité par le quotidien Les Échos : "Ce pays produit notamment des cultures dédiées à la production de biogaz, ce qui lui permet d’utiliser des matières premières homogènes et d’industrialiser ses processus." Quant au Royaume-Uni, "le succès du biométhane s’explique par un tarif [de rachat] légèrement supérieur au tarif français, mais surtout par l’autorisation, là aussi, des cultures énergétiques."

Un cadre, des standards et un marché : les enjeux

Le renforcement de la place du biométhane dans l’offre énergétique française est donc plus qu’envisageable, l’Allemagne pouvant servir d’exemple en la matière. Il convient néanmoins pour cela de mettre en place un véritable cadre structurant au niveau européen : trop rares encore sont les pays à accorder une véritable place au gaz vert dans leurs plans nationaux destinés à favoriser l’adoption des énergies renouvelables. Pourtant, cela fonctionne : en Allemagne, les aides ont permis à la filière de se développer. Signe de maturité du gaz vert allemand, le pays a même diminué récemment ses aides ! Pour favoriser le développement du gaz vert à l’échelle européenne, il conviendra cependant de définir des standards techniques pour l’injection de biométhane dans le réseau. Le processus est en cours, puisque le Comité Européen de Normalisation (CEN) a mis en place un groupe de travail qui planche sur un Standard Européen de Qualité pour le biométhane injecté dans le réseau comme pour le biométhane carburant. Affaire à suivre, donc ! Enfin, conséquence potentielle du développement d’un cadre législatif pour le biométhane et de la définition de standards européens, le salut du gaz vert pourrait aussi venir de la création d’un véritable marché. Les flux internationaux de biométhane sont à l’heure actuelle limités. S’il venait à se généraliser, le gaz vert pourrait profiter d’effets de marché stimulants ! Et pour vous, comment le biométhane peut-il s’imposer en Europe ? Qu’attendez-vous de cette source d’énergie responsable et renouvelable ? Prenez la parole dans l’espace réservé aux commentaires !

Source de l'image à la Une : Pixabay (jan_nijman)

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