16 juin 2016

B.a.-ba : la conversion du gaz B vers le gaz H

Un bâtiment est alimenté par une multitude de tuyaux.
Nous en parlions voilà quelques mois, les fournisseurs de gaz naturel ne facturent pas la quantité de gaz consommée - même s’ils la mesurent, en m3 -, mais l’équivalent en énergie, exprimé en MWh. Une des raisons principales ? En France, deux types de gaz (le "B" et le "H") cohabitent. Et cela va changer très prochainement. Explications. [su_list icon="icon: stop"]
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Gaz B, gaz H, kézako ?

Plus qu’une histoire d’initiales, les appellations "gaz B" et "gaz H" déterminent la composition du gaz naturel. Celle-ci varie en fonction de l’origine du gaz :
  • Le gaz B provient principalement des Pays-Bas. Il est distribué seulement dans le Nord de la France et présente une teneur élevée en azote, ce qui diminue son pouvoir calorifique - d’où le nom "gaz B", pour "bas pouvoir calorifique".
  • Le gaz H provient de la mer du Nord, de la Russie et de l’Algérie. Il est distribué sur 90 % de l’Hexagone et est plus pauvre en azote, ce qui lui donne un "haut pouvoir calorifique" - d’où le nom "gaz H".

La fin du gaz B prévue pour 2029

Le Nord du pays est donc alimenté en gaz B, mais cela va bientôt changer : en effet, les contrats d’approvisionnement de la France en gaz naturel issu du champ de Groningue (Pays-Bas) ne seront plus renouvelés à partir de 2029, en raison d’une baisse de la production. Les réseaux alimentés actuellement en gaz à bas pouvoir calorifique (utilisés par 1,3 million de clients en distribution et une centaine de clients industriels, dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de l’Aisne, de la Somme et de l’Oise) devront donc être convertis pour fonctionner avec du gaz à haut pouvoir calorifique. Coût total des investissements : environ 800 millions d’euros, selon le rapport du Conseil supérieur de l’énergie (CSE) du 25 février !

Une phase pilote dès cette année

Très concrètement, ce sont les réseaux de distribution (GRDF) et de transport (GRTgaz) qui seront les premiers impactés par ce changement. Ce sera aussi le cas du site de stockage souterrain de gaz Sediane B de Storengy par la suite. Enfin, du côté des consommateurs - professionnels comme particuliers - il va également falloir procéder à quelques modifications : une adaptation de la pression devra être effectuée, tout comme un réglage des appareils. Certains devront d’ailleurs être changés ! La phase pilote de cette opération d’envergure est en cours de démarrage. Elle se terminera en 2020 et concernera 85 000 clients dans les départements de la Somme, du Nord et du Pas-de-Calais. En parallèle, un comité de coordination (composé de la CRE, de représentants des fournisseurs, des gestionnaires de réseaux, de Storengy, d’équipementiers et professionnels du gaz ou encore d’associations de consommateurs) veillera au bon déroulement des opérations. La conversion du gaz B vers le gaz H unifiera la fourniture pour les consommateurs, qui utiliseront tous le même type de gaz naturel. Cependant, la facture sera toujours exprimée en MWh !

Source de l'image à la Une : Flickr (Chris Smart)

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