30 mai 2016

B.a.-ba : le gaz de schiste

Infrastructure de forage de gaz de schiste en contre-plongée.
On entend régulièrement parler du gaz de schiste dans les actualités, tant du point de vue énergétique que politique. Mais qu’est-ce que le gaz de schiste exactement ? Quels sont ses effets indirects sur le prix du gaz naturel ? Le maGAZine vous explique tout !

Gaz de schiste, qu’est-ce que c’est ?

Le gaz de schiste est un gaz… naturel, mais différent du "gaz naturel" dans l’acception générale de l’expression. Il s’agit en effet d’une ressource retenue à grande profondeur – plus loin dans la terre que le gaz naturel dont nous parlons habituellement – et plus précisément dans certains schistes (un type de roche qui présente la double particularité d’avoir un aspect feuilleté et de se débiter en plaques fines) des bassins sédimentaires. À l’inverse du gaz naturel – et du pétrole également –, le gaz de schiste n’est pas retenu sous une couche imperméable de roche, mais emprisonné directement dedans. Il doit donc être extrait grâce à une opération complexe : une injection d’eau sous pression, mélangée à des additifs. C’est ce que l’on appelle l’hydrofracturation, la fracturation hydraulique ou encore le fracking. Le gaz de schiste est essentiellement composé de méthane – un gaz accompagné parfois d’azote et de CO2. Sa composition est très similaire à celle des autres gaz que l’on trouve dans le sous-sol. Il peut ainsi être injecté directement dans le réseau de gaz naturel et servir à la consommation énergétique des industries, des professionnels et des foyers.

Une exploitation coûteuse

L’extraction du gaz de schiste s’avère assez difficile, notamment parce qu’elle nécessite le recours à un forage dirigé, en plus de la fracturation hydraulique à grand volume. L’opération est également assez coûteuse à réaliser. Par ailleurs, selon de nombreux spécialistes, l’exploitation de ces gisements pourrait potentiellement présenter des risques pour l’environnement, que ce soit dans le sous-sol, dans les nappes phréatiques ou en surface – à cause notamment des quantités d’eau nécessaires pour forer et fracturer un puits de gaz (l’équivalent de 3 à 6 piscines olympiques), les miniséismes provoqués et les produits chimiques injectés...

Des conséquences importantes sur le prix du gaz naturel

Encore interdite en France (le pays dispose, avec la Pologne, des réserves les plus importantes d’Europe), l’exploitation du gaz de schiste a débuté aux États-Unis dans le courant des années 2000. Elle a eu un impact immédiat sur les prix outre-Atlantique, qui ont fortement baissé. Conséquence ? La compétitivité des entreprises s’est améliorée, des emplois ont été créés, les recettes fiscales et sociales ont été revues à la hausse et la balance commerciale du pays s’est améliorée. Bon marché, le gaz de schiste a également eu des conséquences plus inattendues, puisqu’il a entraîné la chute de l’action du numéro un du charbon aux États-Unis, Peabody. Groupe qui a même demandé mi-avril à être placé sous la protection du régime des faillites. En mars, la première exportation de gaz de schiste sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) a quitté les États-Unis pour rejoindre le Brésil. Le marché européen pourrait être impacté également : les producteurs de gaz de schiste américains estiment en effet qu’ils livreront 55 % de leur production en 2020 vers le Vieux Continent. À suivre !

Source de l'image à la Une : Pixabay (anita_starzycka)

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