26 avril 2016

B.a.-ba : le power to gas

B.a.-ba : le power to gas
Valoriser les excédents d’électricité produits par des sources renouvelables, comme l’éolien ou le photovoltaïque, en les transformant en gaz, injecté par la suite sur les réseaux : telle est l’idée du power to gas. Présentation du concept et de ses avantages !

Vous avez dit "power to gas" ?

Peut-être n’avez-vous jamais entendu l’expression "Power to gas". Il s’agit, comme son nom l’indique en anglais, d’une technique permettant la conversion de l’électricité en gaz. L’objectif ? Valoriser l’électricité excédentaire de façon à la stocker et l’optimiser, notamment lorsqu’elle dépasse les capacités de flexibilité et de stockage du système électrique. Comment ça marche ? Grâce à l’électrolyse. Ce processus permet de transformer l’électricité en dihydrogène, puis par la réaction de méthanation, l’électricité en méthane. Les gaz produits peuvent ensuite :
  • être valorisés sur place ;
  • être injectés sur les réseaux de distribution et de transport de gaz naturel, afin d’être stockés ou mélangés avec le gaz naturel.
[su_list icon="icon: stop"] [/su_list] Le power to gas constitue une piste crédible pour le secteur de l’énergie en France, et la recherche de la meilleure efficacité possible. La preuve ? Selon une étude réalisée par l’ADEME et GRDF, avec un taux de pénétration des énergies renouvelables électriques supérieur à 50 % d’ici 2050, le power to gas pourrait permettre de produire entre 20 et 30 TWh/an de gaz renouvelable injectable. Cette technologie devrait même être pleinement opérationnelle à l’intérieur de nos frontières d’ici le début de la décennie 2030 !

Les avantages du power to gas

Si le power to gas séduit autant les investisseurs, les industriels et les collectivités locales, c’est parce que le principe ne manque pas d’avantages !
  • Il s’agit d’une solution de stockage de longue durée.
  • Le gaz généré peut être injecté dans les réseaux existants (donc pas de rupture technologique, pas plus que de nécessité de développer de nouvelles infrastructures de transport).
  • Le power to gas permet potentiellement de renforcer la sécurité d’approvisionnement en gaz.
  • Ce processus permet de valoriser une production d’électricité qui était jusqu’alors perdue dans la majorité des cas, fautes de systèmes de stockage d’électricité performant.
  • In fine, le développement du power to gas permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre - l’une des thématiques de la récente COP 21.

Déjà des projets en cours

Le power to gas séduit. Plusieurs projets sont déjà lancés en France. C’est par exemple le cas sur le site du Grand Port Maritime de Marseille. Piloté par GRTgaz, il s’agira du premier projet power to gas en France à être relié au réseau de transport de gaz. Il permettra d’exploiter le surplus d’électricité produite par des énergies renouvelables intermittentes, comme l’éolien et le solaire. Mise en service prévue pour le début de l’année 2018 ! Plus au Nord, à Dunkerque, un autre projet power to gas est en cours de réalisation. Piloté par Engie et une dizaine d’autres partenaires, le projet GRHYD (Gestion des Réseaux par l’injection d’Hydrogène pour Décarboner les énergies) vise notamment à injecter de l’hydrogène directement dans les réseaux de distribution de gaz naturel d’un nouveau quartier à partir du mois de mars 2017, afin de répondre aux besoins en eau chaude sanitaire et en chauffage d’une centaine de logements. Technologie d’avenir, le power to gas est appelé à se développer en France comme en Europe. À suivre !

Source de l'image à la Une : Flickr (Alan Stark)

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