28 octobre 2015

Une usine alimentée en biométhane en France

Une usine alimentee en biomethane en France
Voilà bien une première en France : une partie du réseau de transport de gaz, géré par GRTgaz, est désormais alimentée en biométhane. Certes, ce n’est pas encore une généralité, puisque l’approvisionnement ne se fait qu’en Saône-et-Loire, pour n’alimenter qu’une seule usine située à quelques kilomètres du point d’injection. Il n’empêche : le gaz vert s’installe officiellement en France !

Du gaz à partir de déchets

Pour trouver trace du biométhane dans le réseau de transport de gaz naturel, il faut se rendre à Chagny, en Saône-et-Loire. Le principe ? Le "gaz vert" est issu du traitement de déchets ménagers locaux : triés, préparés et introduits dans un "digesteur", les déchets sont mélangés et chauffés ; en fermentant, les bactéries transforment ces matières organiques en biométhane, après contrôle et odorisation par GrDF.

[vidéo] Comment fonctionne une unité de méthanisation ?

Dans la nature, les déchets organiques (le fumier des vaches ou les épluchures de fruits et légumes par exemple) se dégradent. Ils forment alors ...

L’équivalent de la consommation annuelle de 2 500 logements

Le biométhane injecté à Chagny dans le réseau de transport de gaz prend ensuite la route d’une usine locale, le fabricant de tuiles Terreal situé à quelques kilomètres du point d’injection. Elle reçoit l’équivalent de la consommation annuelle de 2 500 logements chauffés au gaz ! L’utilisation de ce "gaz vert" en Saône-et-Loire est appelée à se développer - même si cette innovation, qui représente le tiers de la consommation de gaz de l’usine, aura nécessité un investissement de 44 millions d’euros et dix ans de préparation. Dès 2016, quelques 28 GWh de biométhane seront produits tous les ans, à partir de 73 000 tonnes de déchets !

Vers un développement du biométhane ?

Le souhait des dirigeants de GRTgaz ? Que cette première soit suivie d’autres injections de biométhane. À l’échelle de son réseau, le gestionnaire de réseau prévoit en effet de passer le cap des 1 000 GWh de "gaz vert" injectés par an d’ici 2020. Notons qu’il existe un mécanisme incitateur : à chaque MWh de biométhane injecté dans le réseau de gaz correspond une garantie d’origine délivrée à l’industriel acheteur. S’il est soumis aux quotas d’émissions, ce dernier pourra déduire ces garanties d’origines de son quota CO2, et donc compenser les coûts liés à l’achat de gaz vert. Le groupe Terreal, qui est soumis aux quotas d’émissions, "efface" ainsi 5 000 tonnes de CO2. Il reste néanmoins deux bémols liés au biométhane à régler :
  • les mauvaises odeurs que dégagent les installations de traitement des déchets ;
  • un manque d’investissement sur la technologie par les banques, qui restent réticentes à apporter les financements nécessaires.
Rappelons que le biométhane bénéficie d’un tarif d’achat réglementé et garanti. Il s’agit là de l’un des outils mis en place par l’État dans le cadre de la loi Grenelle 2. Si ce dispositif favorise la production de biométhane et son injection sur le réseau, les professionnels le jugent toutefois encore insuffisant. Peut-être une nouvelle législation verra-t-elle le jour suite au COP21/CMP11 ? Source de l'image à la Une : Flickr (Som Energia Cooperativa)

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