13 août 2015

Marché du gaz : l’analyse technique de juillet 2015

Marché du gaz : l'analyse du mois
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Le marché du gaz en juin 2015

À l’inverse de nombreux autres marchés, le marché du gaz naturel français aura été relativement calme au mois de juillet : les prix ont oscillé autour des 21 €/MWh tout au long du mois et aucune réelle tendance ne s’est dégagée. On notera toutefois quelques phénomènes majeurs qui ont été moteurs de ces fluctuations. Tout d'abord, le marché du gaz a été impacté par la décision de l’Ukraine de cesser d'acheter du gaz à la Russie dès le 1er juillet faute d'un accord sur le prix du gaz entre les deux parties. Les autres phénomènes d’ordre macro-économique et géopolitique tels que la crise de la dette de la Grèce et l'avenir de la Zone euro, le krach boursier en Chine, la finalisation de l'accord sur le nucléaire iranien et la levée de l'embargo, ou l’incertitude concernant la reprise économique aux États-Unis, ont eu un impact moins significatif. Par ailleurs, la canicule qui a sévi en juillet sur l'Hexagone a eu un léger effet haussier sur les flux, ce qui a entraîné quelques pics haussiers plus marqués des prix à court terme. Cette hausse de la consommation s'explique par la plus forte demande en électricité des foyers français (principalement pour la climatisation électrique). En effet, cette hausse de la consommation électrique a été alimentée par des centrales à gaz, augmentant ainsi le niveau de la demande de gaz naturel et tirant les prix à court terme à la hausse. À plus long terme, les prix ont reculé sous l'influence de la baisse du baril de pétrole. Comme certains contrats long terme sont indexés sur le prix du baril de pétrole, l'impact d'une évolution de ce dernier se ressent directement. Enfin, on notera que les capacités de stockage de gaz en France sont pleines à plus de 60 %, ce qui en fait le pays européen avec le plus fort taux de remplissage.

Certains drivers du prix du gaz

Le prix du pétrole

La situation macro-économique globale défavorable a eu un impact direct sur le niveau de l’offre et de la demande de Brent, ainsi que sur le cours de l’EUR/USD. Résultat, le prix du baril de pétrole chute de plus de 15 % sur le mois de juillet. Il passe de $63,09 au 1er juillet, à 53,35 le 31. Les événements marquants de ce mois de juillet sont bien évidemment la situation de la Grèce (non au référendum grec et incertitude quant à l'avenir économique de la Zone euro) et le krach boursier en Chine qui s’est accompagné de révisions à la baisse de la croissance de la demande asiatique en pétrole. La publication de mauvais indicateurs économiques concernant la reprise aux États-Unis en début de mois et la finalisation de l'accord sur le nucléaire iranien ont eux aussi contribué à cette baisse. Alors que le premier laisse présager une plus faible demande en provenance des US, le second nous fait anticiper une augmentation de l’offre. En effet, qui dit accord sur le nucléaire iranien dit aussi fin de l’embargo et par conséquent la mise à disposition de plusieurs centaines de milliers de barils / jour. Enfin le renforcement du dollar à un niveau proche du plus haut depuis 12 ans a provoqué une baisse du prix du baril de pétrole.

Le taux de change EUR/USD

La paire EUR/USD a débuté le mois en dents de scie avant de remonter progressivement aux alentours des 1,10 et de se stabiliser. La perturbation des premières semaines s’explique par l'alternance de périodes de doute sur l’évolution de la crise grecque et la publication de mauvais indicateurs économiques américains. Les indicateurs de l’économie outre-Atlantique sont peu à peu repassés au vert et la FED en a profité pour reparler d'un possible relèvement des taux d'intérêt avant la fin de l'année. Deux évènements qui ont permis à la monnaie américaine de se renforcer. Ce phénomène a été amplifié par les injections massives de liquidités sur les marchés par la Banque Centrale Européenne qui continuent de mettre sous pression la monnaie unique face à son homologue américaine qui a atteint des plus hauts en 12 ans. La paire euro/dollar finit le mois sur une note relativement stable. L'actualité économique des dernières semaines de juillet ne semble pas avoir eu d'effets considérables sur les taux de change.

Les températures

Températures caniculaires en France ! Un mois de juillet chaud, très chaud, pendant lequel les stocks de climatiseurs électriques ont été dévalisés… Résultat, les centrales à gaz ont brûlé plus de gaz qu’à l’accoutumé pour répondre aux besoins des consommateurs. Les températures sont ensuite reparties à la baisse pour repasser un peu en dessous des normales de saison. Un peu de “fraîcheur” appréciable avant de nouvelles périodes de températures élevées. Début août sera chaud et sec sur une majeure partie du pays. Des perturbations arriveront ensuite par l’Ouest (pluie et orages). Le Sud-Est devrait, quand à lui, être épargné.

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