17 juillet 2015

B.A.-BA : la notion d’équilibrage

B.A.-BA : la notion d’équilibrage
C’est un impératif : un réseau de gaz naturel doit être à la fois sécurisé et non défaillant. Il faut donc s’assurer que les quantités de gaz qui y circulent restent maîtrisées. Comment est-ce possible ? Grâce au mécanisme d’équilibrage ! Celui-ci a pour but d’inciter les expéditeurs - et donc les fournisseurs -  à équilibrer leur portefeuille sur chaque journée gazière. Explications.

Une gestion du déséquilibre

Chaque fournisseur est tenu de notifier, tous les jours, à GRTgaz les quantités qui seront entrées sur le réseau pour être consommées par les clients. Ce sont les nominations. Elles sont réalisées par zone d’équilibrage, qui sont en France au nombre de 3 : les zones Nord et Sud, toutes deux gérées par GRTgaz, ainsi que la zone TIGF, gérée par le gestionnaire de réseau de transport du même nom. En théorie, les entrées de gaz naturel sur un périmètre devraient correspondre aux consommations finales. Mais en pratique, si tout se passe parfaitement jusqu’aux nominations (les entrées correspondent aux demandes prévues par les fournisseurs), c’est à la sortie (la quantité de gaz réellement consommée) que cela peut se compliquer. Les consommations quotidiennes ont toujours une part d’aléatoire, puisqu’elles varient selon de nombreux paramètres, le premier étant la météo ! Les nominations en sortie du fournisseur sont donc constamment différentes des consommations réelles. Cet écart constitue ce que l’on appelle “le déséquilibre journalier de l’expéditeur”. Deux cas sont alors possibles :
  • un déséquilibre positif, on dit alors que l’expéditeur est “long”, ses clients ayant moins consommé que prévu ;
  • un déséquilibre négatif, l’expéditeur est alors “court”, ses clients ayant plus consommé que ce qui avait été nominé.

Une action sur les prix pour inciter à l’équilibre

C’est là que le mécanisme d’équilibrage du réseau se met en route. Chaque jour, le gestionnaire du réseau de transport remet les compteurs à zéro. Il achète ou vend alors du gaz à l’expéditeur en déséquilibre afin de solder la position. Le déséquilibre résiduel - la somme de tous les déséquilibres des expéditeurs actifs sur le réseau - fait l’objet de transactions sur le marché. Il peut également être soldé au moyen d’outils physiques, comme le stockage, qui est également utilisé par les gestionnaires du réseau de transport. Évidemment, GRTgaz souhaiterait que les nominations soient très proches des consommations réelles - même si une marge de tolérance existe. C’est pour cela que le gestionnaire a mis en place un mécanisme incitatif : il achète les écarts des bilans journaliers des expéditeurs longs à un prix en dessous du marché et les revend aux expéditeurs courts à un prix au-dessus. L’opération est neutre pour GRTgaz mais… pas pour les expéditeurs ! Notons pour finir que, dans le cadre de la mise en place du marché unique du gaz naturel en Europe, la Commission européenne a lancé le développement de Codes de Réseau. Un code en particulier a pour objectif d’harmoniser les règles d’équilibrage au sein de l’Union européenne. À ce titre, les règles françaises ont largement évolué ces dernières années et sont désormais en ligne avec la réglementation européenne. Mais les Codes de Réseau on aussi pour objectif l’harmonisation d’autres aspects du fonctionnement des réseaux gaziers. Nous en reparlerons !

Source de l'image à la Une : Wikimedia Commons (Jennifer Huber)

Recevez l'actualité du gaz et de l'énergie