5 août 2014

Pourquoi le prix du gaz est-il corrélé à la température extérieure ?

Influence de la température sur le prix du gaz
Si bien des facteurs influent sur le prix du gaz pendant l’année, la météo est l'un des plus importants et quelques fois, des plus imprévisibles. En effet, qui dit baisse des températures, dit augmentation de la demande pour le chauffage au gaz, et des cours qui peuvent monter rapidement. Voyons en détail pourquoi le prix du gaz est corrélé à la température extérieure. Le chauffage représente une part majeure de l’utilisation du gaz naturel. En France, cela concerne principalement les secteurs tertiaire, résidentiel (33% des installations thermiques en maisons individuelles) et de l’énergie (centrales à gaz pour le chauffage électrique). Face à une baisse de température, la consommation augmente et le marché du gaz est limité par ses infrastructures (réseau de distribution et stockage sous-terrain) pour répondre à cette demande. Une demande qui, dans certains cas de grand froid, peut dépasser l’offre et provoquer une tension du marché, qui pousse à l’augmentation des prix.

Les prévisions météo en cause

Alors, pourquoi ces augmentations de consommation ne sont-elles pas prévisibles ? A moyen terme, les prix en hiver sont naturellement plus élevés que les prix en été, mais restent assez stables grâce à l’anticipation des fournisseurs sur la demande (stockage pour la période hivernale dès le 1er avril). Hélas, les prévisions à moyen terme ne sont que des tendances, et on ne peut réellement avoir un indice fiable des températures qu’à court terme (à 10-15 jours maximum). Un grand coup de froid, comme à l’hiver 2012 (janvier-février) en France peut faire grimper les cours rapidement. Le prix du gaz sur le marché spot français a atteint 40,5 €/MWh et 45,7 €/MWh au PEG Nord pour livraison le 7 février et le 8 février 2012, soit les plus hauts niveaux atteints depuis 2006*. Enfin, certaines périodes sont aussi plus propices à l’augmentation du prix, comme la fin de la période hivernale, lorsque les stocks sont plus faibles. Les volumes de gaz rapidement disponibles sont donc moins importants. Les marchés sont alors plus vulnérables face à une importante vague de froid. En résumé, le marché gazier est par nature sensible au froid, et ce pour deux raisons : la demande est flexible et illimitée, tandis que l’offre est limitée en infrastructures et en volume disponible. Donc, plus qu’une corrélation directe du prix du gaz avec les températures, c’est la variation entre les prévisions à moyen terme et les températures réelles qui influence les prix. Source de l'image à la Une : Flickr /Malcom Manners
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